Assis seul au bord de la scène, les jambes pendantes dans le vides, j'observe les gradins et la fosse déserte depuis maintenant une heure. Une serviette blanche en éponge autour du cou, je repense au concert de ce soir. Tout était parfait, et comme a chaque fois, les fans étaient là. Je n'arrive toujours pas à croire à ce qu'il m'arrive. Quatre allemands inconnus il y a encore trois ans, puis un album, des fans, une tournée, un deuxième album, et un phénomène qui ne fait que croître au fil du temps. Comme le disent les journalistes : « Où le phénomène Tokio Hotel s'arrêtera t-il ?! ».
Tout le monde pense que j'ai tout pour être heureux. Je suis le chanteur androgyne d'un groupe à succès, j'ai des millions de fans à travers l'Europe, je vis mon rêve avec mes trois meilleurs amis et je voyage dans le monde entier. Et pourtant, il me manque une chose. Cette chose qui vous fait frémir, qui vous fait autant de bien que de mal, cette chose qui vous fait vivre tout simplement : l'amour. Ce sentiment si fort me manque. Il me manque. Un an que notre histoire est terminée, et pourtant, je n'ai jamais cesser de penser à lui. Cinq ans d'amour passionnel, fusionnel, détruit à cause du succès. Tout ce passait tellement bien. Trop bien peut-être... Il m'a toujours soutenu dans mon rêve de faire de la musique car c'est sa passion à lui aussi, mais pas au point d'en faire son métier. Il n'aime pas être mis en avant. Tom est quelqu'un de discret et les médias, les strass et les paillettes, tout ça ne l'intéresse pas... Quand le groupe à commencer à avoir du succès, il était très heureux pour moi et pour Georg, Gustav et Andréas respectivement bassiste, batteur et guitariste du groupe. Il m'a toujours soutenu, il était notre plus grand fan. Mais le jour où nous avons fait la couverture d'un magasine people tout les deux main dans la main, il n'a pas supporté les paparazzis et les journalistes en bas de son immeuble, les courriers et les visites incessantes des fans lui demandant des anecdotes sur moi... S'en était trop et il a préféré tout arrêter. Il m'a brisé le c½ur, mais comment lui en vouloir ?! Même si j'ai beaucoup souffert et que j'en souffre encore énormément aujourd'hui, je le comprend et je comprend que le fait de vivre dans l'ombre de son copain en le voyant faire la couverture de tout les magasines à scandale, ce n'est pas simple, surtout pour quelqu'un de discret comme Tom. Il me manque, tellement. J'aimerai qu'il me prenne dans ses bras, qu'il me chuchote des mots d'amour à l'oreille. J'aimerai passer des journées entières avec lui dans le canapé à manger de la glace en regardant des films idiots en se câlinant.
Depuis un an, j'appel tout les jours sur son portable, sur son fixe, j'envois des lettres, mais rien. Aucune réponse, aucun signe de vie. Même les autres membres du groupe n'ont pas de nouvelles. Même Andréas, qui est son meilleur ami. Mais ce soir, il était là. En fosse, au milieu de toutes ces fans et ces groupies qui n'ont fait que hurler toute la soirée. Je n'ai vu que lui, à vrai dire je n'ai regardé que lui. Et quand nos regards se sont croisés, j'ai compris. J'ai compris que j'ai beau m'appeler Bill Kaulitz et être aimé de la moitié des adolescentes européennes, mes sentiments pour Tom n'en restent pas moins omniprésents. Il était tellement beau ce soir, ses longues dreads blondes retenues par un bandeau et une casquette blanche, entrain de chanter mes textes, mes chansons. Une en particulier : « Rette mich ». J'ai écris cette chanson le soir où il m'a dit que tout était finit. Et ce soir, en chantant cette chanson, la notre, j'ai vu ses yeux noisettes se remplir d'eau salée et les larmes inondées ses joues. C'était magnifique. Comme si il n'y avait plus que nous dans cette immense salle de concert. Mais à la fin du concert, je l'ai vu quitter précipitamment la salle, et partir... Pendant quelques minutes j'ai pensé que quand je rentrerai dans ma loge, il serait assis sur un canapé en train de siroter un coca et de discuter avec les G's et Andréas. Mais il n'était pas là et une pointe de déception m'a envahis. J'ai même demandé à Saki (<3) notre garde du corps de sortir pour le retenir mais il n'était déjà plus là. J'aurais tellement aimé le voir dans ma loge, le serrer dans mes bras... Sans que je ne les contrôles, mes larmes viennent inondées mes joues et je plonge ma tête dans mes bras ramenant mes jambes contre mon torse. Je pleure, mon c½ur se sert, je repense à tout les moments que l'on a vécus, à son sourire...
??? : Bill ?
Je reconnais la voix et la main réconfortante d'Andreas sur mon épaule, mais je ne bouge pas, je sanglote doucement, pas besoin de lui expliquer pourquoi, il le sait très bien. On à tout les quatre remarqué qu'il était là ce soir.
Bill : Laisses-moi Andy, s'il te plaît... Je veux être tout... tout seul...
Sa main frotte doucement mon épaule mais je ne bouge toujours pas.
Andy : Billou... arrêtes de pleurer, lèves-toi, quelqu'un veut te parler...
Je sors ma tête de mes bras dans un grognement qui ressemble plus à un gémissement de douleur et de désespoir. Je sèche rapidement mes larmes et me retourne vers mon ami. Mon c½ur s'arrête en remarquant la silhouette qui se tient derrière Andy. Mes sanglots se stoppent, mes yeux le fixent.
Bill : T... Tom ?! ...
C'est comme si la terre c'était arrêté de tourner. Mes larmes ne coulent plus et mes sanglots se sont stoppés. Mon c½ur bat à tout rompre et le cours de ma vie n'a pour le moment plus aucune importance. La célébrité, les médias, les fans, les concerts, plus rien n'a d'intérêt. La seule chose indispensable à ma vie dans ce monde est devant moi, c'est tout ce qui compte. Il a les larmes aux yeux, mais je sais qu'il ne pleurera pas, pas maintenant. Andreas est à côté de lui, je sais qu'il est heureux de nous voir l'un en face de l'autre. C'est vrai qu'il est le meilleur ami de Tom, et le jour où on a rompu, il était très déçu.
Je suis toujours assis, dos à la fosse cette fois, les jambes repliées contre mon torse, je le regarde. Il est tellement beau... Il s'est changé depuis le concert, Andy à du lui laisser sa loge pour qu'il puisse prendre une douche. Il porte maintenant un tee-shirt noir bariolé de divers motifs rouge et ses dreads sont attachées en queue de cheval mais il ne porte pas de casquette, il est encore plus beau sans...
Andreas s'approche de moi et me tend une main que je saisie pour m'aider à me relever. Je tire rapidement sur le bas de mon tee-shirt pour le remettre en place et lève doucement les yeux. Andreas prend Tom dans ses bras et le sert amicalement. Si vous saviez comme j'envie mon ami à ce moment... Il se sépare puis pose une main encourageante sur son épaule en nous regardant.
Andy : Bon les chéris, j'vous laisse, vous avez sûrement beaucoup de choses à vous dire... Pas de bêtises hein !
Il sourit malicieusement puis quitte la scène pour rejoindre les loges, me laissant totalement seul face à Tom.
La situation pourrait être tellement simple... On pourrait se prendre dans les bras et s'embrasser mais des milliards de questions tournent en boucle dans ma tête. Je réalise à peine qu'il est bien là... On se regarde, se détaille, essayant de trouver un changement depuis cette année où on a vécu loin l'un de l'autre, dans des mondes complètement différents. Lui chez nous, dans notre petit village pommé aux fins fonds de l'Allemagne ; moi au milieu des hurlements des fans et des soirées branchées à parcourir l'Europe. Je me rends compte en le voyant que même si j'aime la musique plus que tout, vivre mon rêve sans lui à mes côtés n'a aucun intérêt. Etais-je vraiment heureux en entendant des déclarations d'amour enflammées en espérant que ce soit lui qui me les crie ? Pensais-je vraiment passé mes soirées seul dans une chambre d'hôtel à pleurer en regardant des photos de lui ?
Tom : Bill...
Je sors rapidement de mes pensées et le regarde. Il a prononcé mon prénom dans une plainte de douleur et de désespoir. Je plante mes yeux dans les siens. Des perles d'eau salées roulent le long de ses joues et m'arrachent le c½ur. Comme appelé par son corps, je m'approche doucement de lui. Mes jambes tremblent, mon c½ur bat la chamade. Je m'arrête quand quelques centimètres seulement séparent nos corps. Sa main droite se lève doucement à hauteur de mon visage et son index se pose délicatement ma joue, la caressant doucement. Ma peau et mon corps brûlent d'une chaleur trop longtemps recherchée. Ses yeux pleurent toujours mais ne lâchent pourtant pas les miens. Son doigt redessine doucement le contour de mon visage.
Tom : Bill...
La même plainte émise dans un murmure déchirant. Je détaille son visage parfait, ses yeux noisette noyés dans les larmes, son grain de beauté sur la joue droite, son piercing à la lèvre, rien à changer. Il est exactement pareil, même s'il a un peu maigri. Son doigt sur mon visage me rassure tellement, même si je veux beaucoup plus. Je ne réfléchis pas plus et me jette dans ses bras, posant ma tête dans son cou. Il soupir de soulagement et me sert contre lui, posant une main dans mon dos et l'autre sur l'arrière de ma tête, caressant doucement mes cheveux. Je me sens tellement bien, dans ses bras, comme si j'avais retrouvé le seul endroit où je peux être vraiment heureux. Je sens mes larmes coulées mais je ne les retiens pas. Des sanglots s'emparent rapidement de mon corps et je me serre encore plus contre lui.
Tom : Mon amour...
Ses mots me brûlent et me réchauffent le c½ur. Je l'aime tellement... Je pleure toujours et mes larmes mouillent le col de son tee-shirt. Je passe mes mains dans son dos et serre son vêtement.
Bill : Pourquoi Tom... Pour... Pourquoi...
Tom : Chut... Je suis désolé... Mon amour...
Il caresse tendrement mes cheveux m'apaiser. Je redresse doucement la tête vers lui. Les larmes inondent aussi son doux visage.
Tom : Je ne supportais pas... de voir tous ces gens au... autour de toi et... et les photographes qui se mêlaient de notre vie...
Un sanglot me traverse le corps et il caresse doucement mes joues.
Tom : Je suis désolé... Pardonnes-moi Bill... J'ten Supplies... Ma vie n'a plus de sens... J'dors plus, j'mange plus... je vis un enfer j'ai... j'ai besoin de toi.
Il pleure. Je ne supporte pas de le voir comme ça. Je l'aime et lui aussi, je lui manque. Il vit un cauchemar éveillé à cause de moi. Je pose doucement mes mains sur ses joues mouillées et approche doucement mon visage du sien. Nos lèvres ne sont plus qu'a quelques millimètres. Je le regarde. Ses yeux humides fixent ma bouche et il fait rapidement le petit bout de chemin qui sépare nos lèvres. Je gémis de soulagement et de bonheur. Ses baisers m'ont tellement manqués. Ses lèvres sont sûrement la plus belle chose qu'il possède, avec ses yeux, et ses mains... Sa bouche est chaude, douce et légèrement sucrée. Mes mains caressent sa nuque pendant que les siennes sont posées dans mon dos. Nos bouches glissent l'une contre l'autre et je sens celle de Tom s'ouvrir pour laisser passer sa langue. Je le laisse caresser mes lèvres quelques secondes avec son muscle humide puis finit par les entrouvrir. Sa langue vient timidement caresser la mienne et nous soupirons de bien être. Mon piercing se frotte à sa langue tandis que je mords et lèche parfois le sien. Je me sens tellement bien et apaisé, dans les bras de la seule personne qui compte réellement pour moi. Nos langues se caressent encore pendant quelques minutes puis nous nous séparons en collant nos fronts. Nos larmes ne coulent plus et un sourire identique orne nos visages. Tom caresse mes joues puis de ses pouces, il vient essuyé les sillons noirs que mon maquillage à laisser sur ma peau à cause de mes larmes. Il pose chastement ses lèvres sur mon nez et sourit devant mes joues légèrement rosies.
Tom : Je t'aime mon amour... C'est finit, je suis là maintenant, pour toujours...
Je l'embrasse tendrement, j'ai tellement rêvé qu'il me redise ses mots là un jour...
Bill : Moi aussi Tom... Je t'aime. Depuis que tu es partis, j'ai jamais souris sincèrement, je... je faisais croire que j'étais heureux... mais il n'y a qu'avec toi que je peux l'être...
Tom : Tu m'as tellement manqué mon c½ur...
Bill : Toi aussi... Je t'aime... Sers moi fort...
Il me sert contre lui, et ma vie reprend enfin son sens...